Haute Côte d'Or - Les projets éoliens dans le Montbardois navancent pas ou sont victimes de la proximité de grands sites touristiques.
Depuis près de cinq ans, certains élus du Montbardois ont émis la volonté de développer lénergie éolienne sur le canton. Aujourdhui, force est de constater que linitiative na pas été couronnée de succès. En tout, trois projets ont été lancés dans les communes de Lucenay-le-Duc, Quincy-le-Vicomte et Touillon. Ils sont aujourdhui embourbés dans des procédures judiciaires ou ont fait lobjet dun refus de la préfecture de Côte-dOr. Exemples.
Canton trop touristique ?
Cela fait maintenant plus dun an que le tribunal administratif se penche sur le cas des éoliennes de Quincy-le-Vicomte. Le permis de construire avait été accepté par les services de lÉtat en mai 2010 et le maire nattendait plus que linstallation des premiers pylônes. Mais cétait sans compter sur la pugnacité des associations locales et de deux communes opposées au projet. En particulier le village de Quincerot situé en face de Quincy, sur lautre rive de lArmançon. Certains de ses habitants ne supportent toujours pas lidée davoir une vue directe sur des éoliennes sélevant à près de 150 mètres de haut.
Les communes de Touillon et Lucenay-le-Duc comptent elles aussi un grand nombre dassociations locales contre léolien. Ces dernières nont néanmoins pas eu à engager de suites judiciaires puisque, dans leurs villages, lÉtat na tout simplement pas accepté les permis de construire. À commencer par le projet de Lucenay-le-Duc contre lequel sest prononcée la préfecture en février 2010. « Linstallation de 17 éoliennes sur des terres communales et privées de notre village avait pourtant recueilli laccord de la majorité du conseil municipal », regrette Luc Laure, maire de Lucenay-le-Duc. À la suite de lenquête publique et après une levée de boucliers, menée notamment par les élus de Flavigny-sur-Ozerain qui ont vu dans ce projet une menace pour leur patrimoine architectural, la décision dAnne Boquet, ancienne préfète de Bourgogne, a été sans appel. Le refus de ce permis de construire sexplique en grande partie par la proximité du futur MuséoParc dAlésia. La perspective quoffre un paysage éolien na en effet guère enchanté les instigateurs du premier projet touristique de Côte-dOr.
Encore et toujours au chapitre du tourisme, le dossier des éoliennes de Touillon concernait au premier plan labbaye de Fontenay. Située à 4 km du lieu dimplantation des mâts, la demeure cistercienne a finalement obtenu gain de cause. Avant de quitter la région, Anne Boquet a signé le 28 novembre 2011 larrêté refusant le permis de construire de neuf éoliennes sur le territoire de Touillon. Le conseil municipal de la commune avait tout dabord donné un avis défavorable à cette initiative. Un avis appuyé par les propriétaires de labbaye qui ont fait valoir le classement du site au patrimoine de lUnesco pour stopper le projet. Tout comme Claude Froidurot, maire de Touillon, ils nenvisagent pas que lentreprise souhaitant implanter ses éoliennes, conteste larrêté préfectoral au tribunal administratif.